Poubelles : GPSO c'est plus lourd, plus long, plus débile

Vous vous faites voler votre poubelle. Vous portez ce délit à la connaissance de l'agent communal compétent en attirant son attention sur le fait que, s'il ne portait pas plainte lui-même, il se rendrait coupable d'une infraction à l'article 40 du code de procédure pénale. « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. » Panique chez les fonctionnaires communaux « Dites, Monsieur le Maire, c'est justement pour être tranquilles qu'on a délégué à GPSO. Et voilà un quidam qui nous rappelle nos devoirs de fonctionnaires… Ce n'est pas acceptable ». Alors, deux semaines après, devant la pression des personnels communaux effrayés à l'idée que les administrés sachent qu'ils sont dans l'illégalité, le directeur général des services lui-même vous répond par des élucubrations jurisprudentielles à faire hurler de rire même un étudiant en droit de première année…

Entretemps, et sans attendre ces fadaises administratives, vous êtes bien sûr allés au commissariat où, bien sûr, on a refusé de prendre votre plainte (forcément : l'officier de police, lui, connaît le droit et comme la poubelle ne vous appartient pas, vous n'êtes pas victime d'un vol, vous n'êtes victime que d'un déni de service de la part du service des poubelles et ordures, ce qui n'est pas pénal) ; vous y avez donc déposé une simple main courante, acte essentiel pour que GPSO, une semaine plus tard, vous remplace votre poubelle.

On a pris l'habitude, à Sèvres de voir des fonctionnaires obligés de se mettre dans l'illégalité pour complaire à leur hiérarchie. On se rappelle, voici quelques années, l'agent municipal qui mentait sous serment, couvert par le Maire qui le défendait devant le conseil municipal, en y fustigeant non pas ce fonctionnaire indigne, mais le Sévrien lésé par ses agissements répréhensibles …

 

Poubelles : un traitement répugnant

De longue date, le Maire veut que l’on composte les déchets de jardin. On ne peut d'ailleurs plus les brûler, parce que les feux de jardin sont interdits, en pratique, à ceux qui jardinent eux-mêmes le week-end.

Mais les composter, c’est un fait avéré, est particulièrement générateur de gaz à effet de serre (au lieu de CO2, cela produit du méthane, beaucoup plus générateur d’effet de serre que le CO2 ; au final, 20 kg de matières organiques compostées produit un surcroit d’effet de serre équivalent à 200 km de déplacement en voiture). Donc le compostage que l'on prône parfois au nom de la protection de la planète relève de la supercherie.

A Sèvres, les éboueurs, quand ils voient quelques feuilles mortes sur le dessus de votre poubelle, les répandent par terre et laissent votre poubelle béante, avec un trottoir aux bons soins des balayeurs. Ils sortent même les sacs des poubelles, les éventrent et, s’ils voient du végétal à l’intérieur, ils laissent tout sur le trottoir... Ce qui est une curieuse façon de respecter l'environnement.

Le service public de la voierie se doit de répondre aux besoins des citoyens, pas le contraire. Si les menus déchets de jardin posent problème, ce problème doit être traité. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères est assise sur l’impôt foncier, donc celui qui a une maison avec jardin en paie beaucoup plus que celui qui a un appartement, à nombre égal de personnes (donc à quantité égale d’ordures de cuisine)… La solution du problème passe donc aussi par l'équité. On comprend que la Ville soit gênée par tous ces bacs à compost qu’elle a inconsidérément achetés en pure perte, ou par l'obligation qu'elle s'est auto-imposée de réduire le volume des ordures, mais ces considérations purement administratives ne doivent pas passer avant le respect de notre environnement quotidien.

Ce que font les services municipaux s’appelle du mépris. Ce n’est pas en méprisant les citoyens que l’on fait progresser la solution des problèmes. C'est en adaptant les services aux besoins.

(photos prises le mercredi 1er septembre 2010 à 9h00 © "Au Fil de Sèvres")

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