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La pollution automobile ? Non, la pollution diesel
Le très sérieux et scientifiquement incontestable Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire du 3 février 2009 a enfin publié les résultats d'une étude qui durait depuis le début années 2000 reliant très directement et à court terme, la mortalité et le taux des principaux polluants des moteurs diesel (NOx, microparticules et ozone).[ L'ozone ne sort pas directement des moteurs, mais elle en est dérivée parce que la réaction de transformation de l'oxygène de l'air en ozone est provoquée par le rayonnement solaire avec les polluants atmosphériques comme catalyseur.] Il est donc clair que le diesel tue : les moteurs à essence, eux, comme nous le verrons plus loin, ne produisent guère que du CO2 et de la vapeur d'eau qui ne sont pas des polluants toxiques (ils existent à l'état naturel dans l'air que nous respirons, même en pleine nature).
En France, la collusion du pouvoir écologiste avec l'industrie automobile (qui, chez nous, est très diésel) et l'industrie pétrolière (qui fait des marges bien supérieures sur le gazole que sur l'essence, grâce notamment à une fiscalité favorable) ont conduit à un système de bonus-malus insensé.
Pour diminuer la production de CO2 (qui contribue au réchauffement climatique, mais dont la France est la moins productrice du monde parmi les pays développés), il aurait suffi de taxer le carburant, quel qu'il soit : un kilo de gazole produit autant de CO2 qu'un kilo d'essence. Donc le seul moyen intellectuellement correct pour dissuader la production de CO2 serait une taxe uniforme sur le carburant (et le combustible, car la quantité de CO2 est la même quand on brûle du un kilo de fioul dans une chaudière ou quand on brûle un kilo de gazole dans un moteur). Mais on a choisi la prime écolo, par souci de plaire aux pétroliers et aux constructeurs automobiles. L'effet pervers de cette prime est que la même voiture aura un malus "écolo" si elle a un moteur à essence et un bonus si elle a un moteur diesel. Le taux de diésélisation de notre parc automobile était déjà le plus élevé du monde, on l'a encore accru. Ainsi, pour satisfaire au dogme de la diminution des émissions de CO2 (parce que c'est un dogme, nous produisons déjà beaucoup moins de CO2 que nos voisins), nous n'hésitons pas à tuer des nourrissons et des vieillards.
Et on le fait en toute connaissance de cause : même l'ingénieur le moins compétent sait qu'il n'y a ni oxygène ni azote dans le carburant. Les oxydes d'azote sont donc produits par le moteur et non pas par son carburant. Le moteur fait se heurter avec force les molécules d'oxygène et d'azote de l'air qu'il consomme. Quand elles se cognent trop fort, ces molécules se cassent et les morceaux se recombinent entre eux pour former de l'oxyde d'azote. Un moteur qui comprime l'air plus fort fera plus de chocs et un moteur qui chauffe l'air plus chaud fera des chocs plus violents. Un diesel de base comprime quatre fois plus fort et brûle une fois et demie plus chaud qu'un moteur à essence. Il produit donc au moins six fois plus d'oxyde d'azote. Les diesels "écolos" à meilleur rendement, c'est bien pire parce que ce rendement, ils l'obtiennent grâce à une compression encore supérieure et une température de combustion encore plus haute... les diesels dans lesquels on brûle du gaz butane, de l'huile de colza, du bioéthanol ou de la poudre de perlimpinpin, c'est pareil : ce n'est pas le carburant qui crée les polluants toxiques, c'est le moteur. Aucun ingénieur ne peut ignorer cela.
Quand, sur rapport de l'Ademe, le pouvoir politique a adopté ce système de prime écolo qui favorise le diesel, ce sont des centaines de vieillards et d'insuffisants respiratoires qu'il a envoyés à la mort.
Et il ne pourra pas plaider l'ignorance comme il l'a fait dans l'affaire du sang contaminé ou de l'hormone de croissance. Ces faits étaient bien connus depuis des dizines d'années (sauf en France où on les ignorait pour ne pas indisposer Total et PSA). Il ne pourra pas non plus plaider la situation de fait acquise comme pour l'amiante : c'est délibérément et sans nécessité qu'il a favorisé une pratique létale.
La seule riposte qu'a le simple citoyen contre cette entreprise de mort est de boycotter le diésel, tant pour sa prochaine voiture personnelle que pour ses transports en commun, et de boycotter les hommes et femmes politiques inféodés au lobby diésel, qui créent des lignes de bus diésel, qui achètent de flottes de véhicules municiaux diésel et, les pires, qui légifèrent pour favoriser le diésel.