Le mythe des enfants pillards roumains
Une légende honteuse pour un des plus beaux coups de marketing jamais exécutés.
Il y a sûrement eu des enfants qui ont pillé des horodateurs. Certains étaient sans doute roumains. Les légendes ont besoin d'un fond de vérité.
Mais les hordes d'enfants roumains pilleurs qui envahiraient nos rues dès la nuit tombée ont exactement de quoi flatter l'imaginaire et entrer dans la légende. Ils viennent le soir (on joue de l'onirisme). Pour piller (on joue sur les peurs nocturnes). Des Roumains (on joue de la xénophobie). On ne peut rien contre eux (on joue d'un argument d'autorité). Donc on n'a plus rien à faire de la loi et de votre liberté (la conclusion est évidente, c'est l'état d'urgence). On vous pousse de force vers les banques providentielles qui, grâce à la féérique carte Monéo, nous préservent de ces sauvages. Et ceux qui n'y vont pas sont des mauvais citoyens. C'est le lucratif marché de la peur qu'on alimente ainsi.
D'ailleurs, c'est étrange, ces Roumains qui disparaissent comme par enchantement dès que la décision de passer à Monéo est prise.
Que les banques laissent se développer cet axe de communication, soit. Cela ne les grandit pas, mais c'est conforme à leurs intérêts. Que ces légendes soient relayées par des fonctionnaires responsables, c'est consternant.
Si un ingénieur n'est pas capable de déployer un système technique de paiement résistant dix minutes à un enfant de douze ans, c'est qu'il est incompétent. Ce raisonnement évident est sans doute trop simple pour nos édiles ?
Preuve tangible de l'inanité de ce honteux raisonnement basé sur une xénophobie gratuite, c'est l'horodateur le plus reculé de la ville qui est le premier de l'ère de l'après Monéo (parking du musée de céramique).