Réflexions sur une incompétence avouée

« Nemo censetur ignorare legem », nul n'est censé ignorer la loi, est l’un des principes fondateurs du droit romano-germanique, notre droit français entre autres.

Le directeur de la publication d’un journal est soumis à la loi de 1881, la loi sur la presse, celle qui fixe l’équilibre entre la liberté d’expression, le droit à l’information du public et le droit au respect de la vie privée. Négliger cette loi nuit gravement aux droits de l’homme, soit par les dégâts que peut faire un article diffamatoire sur un individu, soit par les ravages que peut causer la désinformation dans une population. 

Entendre le directeur de la publication du « Sévrien » affirmer candidement au Tribunal Correctionnel qu’il ne connaissait pas la loi sur la presse est inquiétant....

Inquiétant d’abord à l’égard des personnes dont parle ce journal. Pour un Roger Fajnzylberg qui a osé porter plainte, combien y en a-t-il eu qui n’auront pas osé le faire, modestes pots de terre contre le pot de fer politico-administratif…

Inquiétant ensuite pour les Sévriens qui prennent pour argent comptant ce qui est écrit dans cette revue. Si son directeur ne connaît pas les règles de déontologie, combien d’affabulations auront ainsi pu être véhiculées (sur fonds publics). Au Fil de Sèvres en a déjà dénoncées plusieurs : le réseau câblé, les horodateurs, les finances communales… Mais, à côté des mensonges les plus grossiers, combien de mensonges pernicieux auront été publiés au service d’une propagande inavouée ?

Inquiétant enfin pour l’argent des contribuables sévriens : c’est la revue le Sévrien (donc le budget de la Ville) qui finance la revue.. Fort heureusement, sous la pression de l'opinion, le Maire a décidé de financer ses condamnations sur ses deniers.

Un directeur de publication qui ne connaît pas le droit de la presse, c’est comme un chauffeur routier qui ignorerait le code de la route. C’est un danger public.

« Quidquid delirant reges plectuntur Achivi », écrivait déjà Horace au premier siècle avant notre ère. « Hélas ! on voit que de tout temps, les petits ont pâti des sottises des grands » reprenait La Fontaine 1800 ans après… C'est la fatalité, malheureux amis sévriens !

Bernard DENIS-LAROQUE


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