Septembre 2003

Qu'est-ce qui pousse les autorités à nous imposer Monéo avec autant d'impudence ?

Juste quand Versailles en constate l'échec, quand Boulogne l'abandonne, Sèvres impose Monéo aux Sévriens

Depuis le premier septembre 2003 les Sévriens des coteaux, ceux qui n'ont que leur voiture pour se déplacer, ne sont plus des citoyens à part entière dans leur centre ville. La plupart des horodateurs y ont été remplacés par des machines à carte Monéo, qui refusent leur argent.

Premier principe principe de droit : le Code Monétaire et Financier oblige votre créancier à accepter vos pièces pour tous vos paiements. L'administration aurait pu, comme dans d'autres villes, installer des horodateurs mixtes (Monéo et pièces). Ces horodateurs-là auraient été un vrai service supplémentaire au citoyen. Elle ne l'a pas fait ; les banques n'auraient pas aimé : ce qu'elles veulent, c'est qu'on oblige les Sévriens à s'abonner à leur Monéo.

Second principe de droit : l'égalité de tous pour l'usage du domaine public. Pour être un citoyen à part entière, faudrait-il maintenant payer son écot à Monéo ?

Les hommes naissent libres et égaux en droit. A Sèvres, Monéo devient insensiblement le prix à payer pour le rester.

Non contente d'obliger ceux qui n'ont pas Monéo à aller trois fois plus loin pour payer leur stationnement, l'Administration n'indique même pas, sur les horodateurs Monéo, où se trouve l'horodateur à pièces le plus proche ! L'objectif est évidemment de brimer les récalcitrants à Monéo. C'est là l'exigence des banques.

On dit que c'est pour des raisons d'économie que l'on n'a pas généralisé l'horodateur mixte (pièces / Monéo). Faux. Si on avait été soucieux d'économies, on n'aurait pas choisi Monéo. Voyez des villes comme Milan, où le stationnement se paie à l'aide de cartes à gratter (genre Tac-O-Tac) que l'on achète en carnets comme des tickets de métro et sur lesquels on gratte date et heure de début de stationnement. Ce n'est pas cher, ça n'encombre pas les trottoirs, et l'usager n'a même pas besoin de chercher un horodateur ! Décidément en France, l'argent public ne coûte pas cher à ceux qui le dépensent.

On nous rebat plus les oreilles aussi avec ces prétendues hordes d'enfants roumains pilleurs d'horodateurs. Ridicule : il est absurde que des ingénieurs sérieux s'avouent aussi naïvement incapables de mettre en oeuvre des matériels résistant au moins dix minutes à un enfant de douze ans !

Troisième point de droit. La Ville décide le principe du stationnement payant. C'est légitime. Tout véhicule en stationnement doit pouvoir manifester à l'agent verbalisateur que le prix du stationnement a été payé. Mais il n'existe aucune disposition du code de la route qui permette au Maire d'imposer une forme à cette manifestation, notamment aucun article du code ne lui permet d'imposer l'affichage de tel ou tel ticket derrière le pare-brise.

J'écrivais, il y a quelques mois, que les nouveaux horodateurs étaient un service supplémentaire que le Maire voulait offrir à ceux qui ont une carte Monéo, et nullement une charge qu'il entendait imposer aux autres. Si c'est ce qu'il voulait, c'est raté. L'administration et les banques ne le voyaient pas comme ça.

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