l'éditorial de Bernard DENIS-LAROQUE

Amis cyclistes, respect.

 

Après la mise en service, à Sèvres, des voies cyclables à contresens, je voudrais adresser cette supplique à tous nos amis cyclistes.

Vous bénéficiez d'une indulgence considérable face aux règles du code de la route. Vous pouvez officiellement remonter la plupart des sens interdits et généralement brûler les feux rouges ou rouler sans lumières en toute impunité. Quand vous faites cela, vous mettez votre vie en danger. La question que je vous pose est "Est-ce votre problème ou est-ce un problème de société ?"

Les pouvoirs publics, en étant indulgents, savent qu'ils envoient à la mort un certain nombre d'entre vous. Ils disent que cela incitera les automobilistes à plus de prudence, et c'est vrai. Il n'en demeure pas moins que, ce faisant, ces doctrinaires de la lutte anti-voitures n'hésitent pas à vous faire tuer pour pouvoir accuser les automobilistes de votre mort. Donc, quand vous prenez le risque de brûler un feu rouge ou de remonter un sens interdit sans visibilité, vous risquez votre vie, et vous le savez. Si vous n'attachez pas d'importance à votre vie, c'est votre problème. Mais l'automobiliste qui vous tuera sera condamné. Condamné au moins à un remords moral insupportable et, dans le meilleur des cas, condamné aussi à des peines pénales puisque, bien évidemment, les règles de priorité ne sont pas opposables quand une vie humaine est en jeu.

Ainsi, amis cyclistes, je ne vous conteste pas le droit d'accorder peu de prix à votre propre vie, mais je vous conteste le droit de le faire en détruisant la vie d'autrui. On vous y incite parce que l'idéologie dominante est une sorte de fascisme aveugle qui prive un citoyen de la plupart de ses droits dès qu'il prend le volant. En vous poussant à aller à la mort, on fait de vous l'escadron de choc de cette croisade contre les automobilistes. Ce rôle de nervi fascisant qu'on vous fait assumer est-il vraiment celui que vous voulez endosser ? Non , n'est-ce pas ? Alors, s'il vous plaît, respectez les feux rouges, ne roulez pas sans lumières la nuit et, dans les passages sans visibilité des sens interdits, mettez pied à terre et passez par le trottoir... Vous vivrez plus longtemps et surtout vous pourrez garder la tête haute de ceux qui refusent de se compromettre avec une philosophie délétère, fût-elle dominante. Ce n'est pas cela que vous voulez ? alors passez plutôt un uniforme, avec des bottes et un brassard, ce sera plus clair.

Bernard DENIS-LAROQUE
février 2012

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