Le câble à Sèvres
Scandale ou incompétence ?

 

Au fil de Sèvres a interrogé Bernard DENIS-LAROQUE qui représentait la Ville de Sèvres au Conseil du Syndicat Intercommunal 3S pour le câble et qui en était vice-président.

 

Au Fil de Sèvres : Lorsque France Télécom a décidé de vendre notre réseau à NTL, vous avez démissionné de vos fonctions au sein du Syndcat intercommunal 3S. On vous reproche de n'avoir pas explicité le caractère sacndaleux de cette vente..

Bernard Denis-Laroque : A cette époque, j'étais à la fois vice-président bénévole du syndicat 3S et conseiller technique salarié de France Télécom. Tant que France Télécom a eu le souci d'agir au mieux des intérêts des collectivités locales concédantes, et même si ce souci n'était pas toujours suivi de tous les moyens nécessaires, j'ai exercé mon mandat sans aucun état d'âme. J'ai même souvent permis de clarifier des problèmes techniques sources de malentendus. Quand cette vente à NTL a été décidée ( tout à fait en dehors de moi ) et que j'ai vu que je n'y pouvais plus rien, j'ai démissionné du syndicat 3S en annonçant que j'étais en situation de conflit d'intérêt.

AFS : On vous reproche de n'avoir pas été plus explicite... De n'avoir pas dit que NTL n'apportait pas de garanties suffisantes.

BDL: Je ne pouvais pas être plus explicite. Ma qualité de salarié de France Télécom m'interdisait de critiquer cette entreprise à l'extérieur et qu'aurais-je pu dire sur ce sujet qui ne soit pas une critique acerbe ? 3S a littéralement été sacrifiée par France Télécom sur l'autel de son désengagement du "plan câble" dont elle s'était rendue coupable quinze ans auparavant. N'oubliez pas que cette technologie, nous l'avions retenue alors que, techniquement, j'avais émis des réserves. Dès 1984, j'avais même annoncé au Conseil Municipal de Sèvres qu'elle risquait de nous faire essuyer des plâtres, mais que France Télécom (qui était alors la "DGT") pesait de tout son poids pour que cela soit un succès. Quant aux garanties apportées par NTL, il eût été facile de vérifier qu'elles étaient insuffisantes compte tenu des options prises qui, je vous le rappelle, revenaient à reconstruire le réseau à 100%.

AFS : La politique de la chaise vide n'est pas efficace, c'est bien connu... Alors pourquoi cette démission ?

BDL : La politique de la chaise vide n'est pas efficace. Cette démission en est une illustration. J'espérais envoyer un signal d'alarme fort. Je n'ai provoqué qu'indifférence. De toutes façons, il m'était déontologiquement impossible de conserver des responsabilités au sein de deux organismes dont les intérêts étaient avérés contradictoires.

 

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