Le câble à Sèvres
Le beurre et l'argent du beurre

 

NTL, qui a acheté notre réseau à France Télécom, a toujours manqué d’envergure financière et surtout son projet de numérisation du réseau s’appuyait sur des technologies coûteuses et contestables.

Dans le contrat de vente du réseau, il était prévu que NTL mette en place une caution bancaire qui aurait permis à 3S de faire achever la numérisation du réseau par un autre industriel en cas de défaillance de NTL. France Télécom était cet industriel désigné. Le prix était de 50 millions de francs (7,5 millions d’euros)

Comme NTL ne voulait pas numériser le réseau entier tout de suite, il a fallu décider dans quelles villes on différerait la numérisation . Ces villes avaient la garantie, en cas de défaillance de NTL, d’obtenir l’argent de la caution bancaire pour confier leur numérisation à quelqu’un d’autre (en principe France Télécom). Quelles villes allaient choisir le beurre (la numérisation du réseau) et quelles villes l’argent du beurre (la caution bancaire) ?

A Sèvres, la qualité du réseau analogique était la pire des trois villes. Sèvres est la seule des trois villes à avoir des quartiers où on ne reçoit pas les émissions hertziennes de la Tour Eiffel. Enfin Sèvres est la ville où les lignes téléphoniques sont les moins adaptées à l’ADSL. Trois raisons qui désignaient Sèvres comme prioritaire pour la numérisation.

Mais c’était compter sans nos élus qui, entre le beurre et l’argent du beurre, ont aussitôt choisi l’argent. Même si c’est de beurre que manquaient les Sévriens.

Tandis que la priorité des deux autres villes était de s’occuper de la numérisation de leur réseau, celle de Sèvres était évidemment de s’occuper de la caution bancaire, puisqu’on ne numérisait pas son réseau… En tous cas pas tout de suite.

Et cette caution n’a pas été mise en place. Le maire de Sèvres a feint de ne pas s’en inquiéter : il a soigneusement évité d’écouter les cris d’alarme que lui envoyaient les experts. Le réseau de Sèvres n’a pas été numérisé. NTL a été acheté par Noos, puis Noos par UPC... Et l’argent n’a pas été payé... Pourtant ni NTL ni Noos ni UPC ne sont en dépôt de bilan. Alors nos élus savent forcément où est cet argent... Un élu responsable ne laisse pas vendre ainsi un quasi-concessionnaire sans s'assurer que sa créance est bien inscrite dans les comptes.

Sept ans après, grâce à "au fil de Sèvres..." cette affaire n'est pas oubliée. Pour faire diversion, Sèvres a exigé du syndicat intercommunal qu’il intente une action en justice contre… France-Télécom ! Dont le seul rôle dans cette affaire était d’être le sous-traitant pressenti de 3S si le syndicat devait faire lui-même la numérisation du réseau. Pourquoi n’a-t-on pas appelé au procès les vrais bénéficiaires de cette pestilentielle affaire, ceux qui ont économisé 7,5 millions d’euros sur le dos des Sévriens ? Comme ils ne sont pas parties au procès, la décision de Justice à venir ne leur sera pas opposable ! Il faudra tout reprendre à zéro... Mais il sera sans doute trop tard : nous serons forclos. Entre le beurre et l'argent du beurre, ils ont choisi l'argent et ils l'ont ensuite échangé contre un sourire de la crémière...

Entre le beurre et l’argent du beurre, c’est de beurre dont Sèvres avait besoin. Sans vergogne, ses élus ont choisi l’argent. Et même cet argent, Sèvres ne l’a pas vu. Où est-il ?

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